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Mais um perigoso neoconservador americano

por Henrique Burnay, em 10.09.08


écembre 1991 : l'Union des Républiques socialistes soviétiques est dissoute. Août 2008 : la Russie se rappelle à la mémoire du monde. La Géorgie est le théâtre guerrier de ce retour. L'histoire se répète encore : les guerres naissent souvent du démantèlement des ensembles et des empires. Empires austro-hongrois et ottoman en 1918, ensemble yougoslave et empire soviétique en 1991. L'ordre impérial est injuste et oppresseur, mais c'est un ordre ! Cruel à écrire, terrible à dire : il ne s'agit pas de regretter les empires, mais il faut du temps pour qu'un nouvel ordre devienne pacifique et démocratique.

 

Comment penser que la Russie pourrait un jour renoncer à ses deux débouchés maritimes : la mer Baltique et la mer Noire ? Un pays est toujours l'enfant de sa géographie, surtout quand il est, à lui seul, un continent. Sans ces débouchés, la Russie est renvoyée à ses mers glacées du Nord. On comprend mieux alors la phrase de Vladimir Poutine : "Le réchauffement climatique ne me déplaît pas !" La querelle autour de l'Arctique et du détroit de Béring illustre cette permanence historique de la Russie pour les mers navigables toute l'année.

Tout commence avec le tsar Pierre le Grand. Il se bat contre la Suède et lui arrache, par un traité en 1721, l'Ingrie, l'Estonie, La Livonie (l'actuelle Lettonie), la Carélie, où se situe Saint-Pétersbourg. La Courlande sera annexée en 1795 par un jeu de mariage, la veuve du duc de Courlande étant devenue impératrice de Russie.

La Lituanie, d'abord liée à la Pologne, sera à son tour annexée par les tsars au moment des trois partages de la Pologne en 1772, 1793, 1795. Cette histoire est dans la mémoire des trois pays baltes actuellement membres de l'Union européenne. Cela explique leur vive réaction dès que les chars russes ont pénétré en Géorgie. De la même façon, un Européen ne peut ignorer ces partages de la Pologne et sa rapidité actuelle à accepter le bouclier antimissile. Tout jeune Polonais apprend au lycée que la France et le Royaume-Uni ont déclaré la guerre à l'Allemagne nazie le 3 septembre 1939 après le pacte germano-soviétique... mais se sont bien gardés de la faire !

Autour de la mer Noire, deux empires se sont constamment disputé les territoires : celui des tsars et celui des Ottomans. En 1864, l'Abkhazie, l'ex-Colchide de l'Empire byzantin, est annexée par la Russie avec l'accord des Abkhazes pour échapper à la domination turque : elle sera intégrée à la Géorgie en 1921. L'Ossétie est rattachée à la Russie dès 1806 et sera coupée en deux Républiques en 1922.

 

PASSEPORTS RUSSES

 

Puis il y a la Crimée et son grand port Sébastopol. C'est la prochaine étape de la reconquête. Cette presqu'île a été annexée par les Russes en 1783. Une guerre éclatera en 1854. Prétextant la protection des communautés chrétiennes et orthodoxes de l'Empire ottoman, la Russie occupe la Moldavie et la Valachie. Son but : s'installer à Constantinople pour contrôler les détroits du Bosphore et des Dardanelles. Elle la perdra et un traité signé à Paris neutralisera la mer Noire et interdira la navigation de tout navire de guerre.

La Crimée sera cédée à l'Ukraine en 1954, cadeau de Nikita Khrouchtchev à sa terre d'adoption après la mort de Joseph Staline. Au lendemain de son indépendance en 1991, un accord a permis à la marine de guerre russe d'utiliser le port de Sébastopol jusqu'en 2017. Mais après ? Parallèlement, la Russie accorde des passeports russes aux habitants de cette région qui le demandent, en vertu d'une loi qui autorise cette attribution aux anciens résidents de l'URSS. Il suffira aux "citoyens russes" d'appeler au secours leurs frères de Moscou et le tour sera joué. La logique est la même qu'en 1854.

Voilà comment la première guerre de Géorgie peut précéder la deuxième guerre de Crimée. Voilà pourquoi la Russie tient si peu à voir l'Ukraine entrer dans l'OTAN et dans l'Union européenne. Voilà pourquoi il est urgent pour l'Europe d'anticiper cette situation en approfondissant sa politique étrangère commune, sa défense, ses relations de voisinage. Sinon il ne lui restera que les yeux pour pleurer. D'autant que le 12 août, à Moscou, le président du Conseil européen a eu une phrase malheureuse en déclarant "reconnaître aux dirigeants russes le droit de défendre les intérêts des russophones de l'extérieur de la Russie". On tremble devant tant d'inculture historique !

 

Ah, não, é um perigoso neoconservador imeprialista... socialista francês